Révérence

Révérence
Cette fois c'est du sérieux, je me tire d'ici, de partout. La fréquence avec laquelle je publie est révélatrice de mon manque d'inspiration sur cette plate-forme (c'est cette même carence qui peut-être l'a rendue culte). Je n'arrive plus à m'enflammer, hormis sur les sujets que vous commencez à trouver redondants : la liberté, la fête, la sensualité, le couple, la sous-culture, la bêtise ambiante, notamment celle de notre génération 80/2000, et bien sûr la mauvaise littérature.
De temps à autre je m'égare et je vais voir mes premiers articles, ceux du milieu, les commentaires remplis d'insultes (encore plus que de fautes d'orthographe), les plus récents. Même s'il s'agit d'une publication mineure (Un art majeur, majeur ! [ Souvenir que seuls quelques privilégiés à bord d'une péniche voguant sur du rhum peuvent se remémorer ] ), je n'ai pas à rougir de ce blog. Je n'y ai cité à aucun moment ni marc lévy, ni christine angot, ni alice ferney, ni anna gavalda, ni olivier adam, ni quoique ce soit qui abaisse l'âme humaine au rang de dégénéré – hormis pour jeter mon venin dessus, évidemment. On me reprochait d'être sur Skyrock. Alors d'une part, graphiquement c'est le top, facile d'utilisation (ne passant pas ma vie sur internet je ne peux en saisir les méandres), et d'autre part j'adorais, sur ce terreau de bêtise ahurissante : je rappelle cette équation simple [ et pas que d'esprit ] : H = « Me é mn poto ds sa gova sisi / F = « Me and my best jte kiff (L) qui ornent toutes vos jolies photos de tecktonic ou de pétasses rachitiques maquillées comme des 205 tunnées ; j'adorais donc venir parler ici de politique, j'aimais bien venir y louer ou blâmer un livre, dévoiler mes pensées sur une actualité médiatique, ou raconter ma dernière soirée. La forme ne compte pas, le fond si. Mais tout le monde oublie le fond. Parce que tout le monde est dégénéré, vos blogs tunning ou maquillage où vous affichez votre mal-être dont tout le monde se tape sont des espaces consanguins.
Parce que oui, donc, tout le monde aura saisi mon goût de la fête. Là je pense que de certaines illusions se sont construites sur moi. Pour évacuer les premières : non je ne vais ni au pharaon, ni à la lokomia, ni au pacha. Ce sont des laboratoires de la connerie, des lieux sordides dans lesquels chaque décibel enlève cent neurones d'un coup et où les beaufs adorent parader comme des coqs endimanchés d'un t-shirt diesel. Certes, je sors trop, mais bien. Vive le Showcase, gloire à Castel, hymne au VIP Room, et j'en passe, et j'en passe...J'en passe des soirées à revenir le costume aussi défait que le visage, la cravate dénouée, j'en passe des rencontres sensationnelles, ces instants gagnés sur l'ennui, ces moments de grâce et de classe avec ces têtes brûlées que j'adore tant, à se dire que, « Wahou, on passe des soirées avec ceux qu'on a vu à la télé hier ». Je ne suis pourtant pas stéréotypé, du moins je ne le pense pas. Hormis les jeudis matins qui se ressemblent, parce qu'écouter parler de Derrida le crâne encore noyé de Mojitos, ce n'est pas si simple.
Peut-être suis-je dans une impasse, peut-être suis-je condamné à être libre. Mais je n'y peux rien, je suis ainsi fait. Je ne peux physiquement pas, comment dit-on déjà, ah oui, « me poser ». Caractère romanesque si vous voulez, instabilité si vous préférez, connerie si vous préférez vraiment encore plus ; mais enfin, ce qui est bancal est humain. Les soirées DVD me font peur, je crache sur les niaiseries, j'en suis déjà blasé, je n'ai pas à le découvrir. Je n'ai tout simplement pas le temps de m'ennuyer, comme je n'ai pas celui de lire de mauvais livres, comme je n'ai pas celui de parler à quelqu'un de mou, comme je n'ai pas celui de fumer des joints (cf : article d'en-dessous), comme je n'ai pas celui de fréquenter des lieux urticants.
Le plus beau compliment que l'on m'a fait à propos de ce blog, c'est lorsqu'une personne lambda me dit qu'un sujet lambda l'a fait réfléchir, une fois débarrassé de son emballage ironique et peu sérieux. C'est vrai que c'est un beau compliment. Peut-on le dire à propos de vos blogs remplis de jérémiades, blindés d'inutilités ou de vous posant sur une moto cross ? (C'était ma dernière pique, promis).
Julien-L tire donc sa révérence, ciao l'artiste. Evidemment, ceux qui n'ont jamais pigé l'extrême second degré que j'ai en parlant de moi-même, on ne s'étonne pas qu'ils me laissent ce genre de commentaires, similaires à l'équation ci-dessus (du moins pour l'aspect formel, non intellectuel évidemment) : « put1 mé t ki pr parlé com sa rentr ché twa ».
Mon article d'adieu se termine sur une prière, oui une prière. Je vous en supplie, ô oui, je vous en supplie, écrivez toujours en français. Même en mauvais français, même avec des fautes de frappes, on s'en fout, mais arrêtez les abréviations, arrêtez même les « épissétou », ou les « kesskonfé ». Des esprits mille fois plus brillants que nous, et dix mille fois plus brillants que vous (pardon j'ai menti tout à l'heure à propos de la dernière pique), ont fixé cette si belle langue française, et vous vous l'employez pour raconter vos conneries, et pire, vous la détruisez, vous l'offrez au plus grand nombre dans son appareil le plus débile. S'il vous plaît, en respectant la langue, vous vous respecterez d'abord vous, et ensuite vos lecteurs, et peut-être que vous ferez des articles intelligents ; et, enfin, la blogosphère sera un espace d'idées, d'échanges intellectuels, de découvertes, et les niaiseries et autres débilités de la bassesse humaine ne seront plus qu'un mauvais et lointain souvenir.

Mesdames et messieurs, c'était Julien-L, merci, bye bye.

# Posted on Friday, 26 December 2008 at 7:31 PM

Edited on Friday, 26 December 2008 at 7:45 PM

Le cannabis est la drogue du con

Le cannabis est la drogue du con
Je déteste le cannabis, l'herbe, le shit, tout se qui se roule et ensuite se fume. L'effet est nul, l'effet à long terme rend encore plus nul, le goût est dégueulasse, ça coûte cher, c'est inutile. Je n'en fume jamais. Il est de notoriété commune que je suis loin d'être un saint : mais je ne touche pas à ce truc. Mais bien plus que tout ça, et bien au-delà des condamnations que Baudelaire lui-même proférait à l'encontre de cette drogue, c'est le symbole qui s'en dégage qui me débecte.
C'est de la sous-drogue, prise dans l'espoir d'être considéré comme un "drogué", un hippy. Ecoutez les Doors en même temps et vous verrez, vous aurez une pseudo-identité à la con. Aucun éclat, les gens qui roulent et qui effritent ont l'air de sombres cons.
Ceux qui en fument ont plus ou moins deux descriptions possibles. Le premier, c'est le mec avec des locks pourries le cou enroulé dans son keffieh, qui se roule son joint et le fume, s'explose les yeux et ensuite enclenche Bob Marley sur son IPod, parce que tu vois il a le même spirit que le Bob. Et c'est aussi un ultra-gauchiste de mes deux.
Le deuxième, c'est le mec avec un joli t shirt Diesel avec un motif sympa qui barre ce même t shirt, qui a pour le chic une jolie casquette Lacoste sur le haut du crâne et les chaussettes par-dessus le pantalon, qui roule son "pilon t'as vu" dans le train qui le ramène on ne sait où. C'est à peu près pareil pour les filles, c'est genre je me drogue avec ce truc qui en fait provoque juste l'endormissement et dans ma tête je fais Woodstock, oh putain je me drogue c'est génial je suis rebelle. Rebelle? Remballe. C'est juste du shit. Le truc qui rend con, la came du débile et de la médiocrité institutionnalisée.

# Posted on Saturday, 06 December 2008 at 6:13 PM

Consécration

Consécration
J'ai dit la dernière fois que j'allais revenir avec du lourd. Je crois que c'est le cas là, non? J'aurais aimé vous dire ce que cela fait quand votre auteur préféré vous tape sur l'épaule pour vous saluer (oui bon ok il a dû confondre!), ce que cela fait de trinquer avec, ce que cela fait lorsqu'il vous donne son adresse, ce que cela fait quand il parle de littérature avec vous. Malheureusement je ne le peux pas, c'est trop intense, il n'y a pas de distance par rapport à cela.

Je pourrais également vous décrire le plaisir ainsi que la peur que cela fait de sortir d'une soirée la veste de costume débraillée, de marcher sur les Champs-Elysées à sept heures du matin, de tenter de marcher jusqu'au métro le plus proche pour aller en cours. Là encore, pas assez de distance, parce que je n'arrive pas un seul instant à penser une vie dans laquelle demain sera pareil qu'aujourd'hui, sauf peut être le dvd qui changera, celui qui sera regardé sous la couette, médiocrement, en se disant qu'à vingt ans il faudrait commencer à fonder une famille et tout le tralala.

Bref, mon sujet de mémoire est le suivant : " Le solitaire dans l'oeuvre romanesque de Victor Hugo".

Enorme non?

# Posted on Friday, 21 November 2008 at 3:44 PM

Il était moins une...

Il était moins une...
Enième insomnie, énième moment plein d'interrogation. Il était moins une, vraiment, que je ne supprime tous ces articles. Marre de tourner en rond, marre de taper sur marc lévy ainsi que sur la chick-litt, marre de flinguer les gens médiocres qui les lisent, ras-le-bol de cracher sur tout ce qui se réclame culturel alors que rien du tout. D'où vient cette montée subite de lassitude (c'est pas nouveau...) envers cet espace? Toujours cette schizophrénie à l'égard du blog, pour qui il faut faire la pute pour ramener du lecteur. Bah non je n'ai jamais été malade, presque jamais malheureux, non je ne m'ennuie pas, point barre, fuck it all. Continuez d'écartez vos cuisses.

Le manque de temps, surtout. Il est difficile de se coucher à 9 heures du matin, de se lever quelques heures plus tard pour prendre des aspirines, de se débarbouiller, de foncer ensuite en cours, et de repartir dans une fantastique soirée, toujours plus originale que la précédente. Paris pour ça, c'est bien. Afficher une nouvelle fois mon total mépris pour les soirées bowling/billard, les nuits dans les boîtes minables où le t-shirt Diesel est de rigueur(pharaon, etc, etc) ? Crier une nouvelle fois ma phobie des soirées dvd?

Et redire quoi ? Que j'ai la phobie de la vie à deux, de cette lassitude inévitable et de cette médiocrité qui vient s'installer nécessairement dans un "couple"? Croire à tout ça alors que je suis dans la décennie de mes 20 ans? Allons, allons.

Comme vous l'avez compris, je reviendrais écrire ici lorsque j'aurais de la nouveauté sous la plume, de nouvelles cibles, de nouveaux combats de nouvelles bonnes adresses pour aller s'éclater. Voilà, voilà, bye bye les nazes.

# Posted on Sunday, 26 October 2008 at 9:26 PM

Nouvelles du front

Nouvelles du front
Cela fait longtemps que je n'ai pas publié ici, et j'en suis désolé, croyez-moi. Pour que ce blog parvienne à avoir une activité constante, il me faudrait avoir l'oeil rivé sur le nombre de visites et passer mon temps à répondre à tout le monde, bref, une activité qui ne colle ni avec mes préoccupations ni avec mon emploi du temps.
Je craignais, en revenant du soleil, ne plus jamais pouvoir me réhabituer à la vie parisienne, quelle chimère! Il est tellement plus agréable d'aller dans les clubs parisiens, parce qu'il n'y a pas de grains de sable entre les orteils et que les t-shirts sont prohibés. Pardon, pardon, mais que suis-je sans mon intolérance? Probablement rien! Parce qu'aller un après-midi sur Paris, commander un Mojito et faire une photo avec me désole, je devrais le garder pour moi? Allons donc.
Je vais donc faire ce que je pense faire de mieux, c'est-à-dire parler de littérature. Sans surprise, sur les plages, beaucoup de romans de marc lévy, même en édition italienne (si je n'avais pas une telle migraine pendant la journée j'aurais aimé les noyer), ou des 'livres de fille' (quel sophisme! Un livre, cet objet de discours qui tend à l'universel, peut-il s'adresser qu'à une partie de l'humanité? Evidemment non). Je ne vais pas parler ici de l'immense pile d'ouvrages sur l'oeuvre de mon si cher Honoré de Balzac ni des heures passées à rédiger mon mémoire ( Qui c'est qu'a eu 15?), mais entre temps j'ai bien pu lire d'autres oeuvres. Tout d'abord, La Belle Vie, de Jay Mc Inerney. Roman décrivant le destin de couples qui se croisent après l'écroulement du 11 Septembre. Parfois mièvre, tantôt haletant, ce roman est à lire, parce qu'il est un des seuls à être écrit sur cette horrible date (sauf si vous êtes fans de bigard), il parle d'amour mais sous un jour que j'aime bien : comment rester amoureux sans se sentir enfermé, comment le désir peut être éteint et rallumé; et évidemment cette confrontation entre la petite histoire (conjugale) et l'Histoire.
Ensuite, American Psycho, que j'ai lu à la moitié, en VO sinon tu perds tout, ainsi que Les Lois de l'attraction, les deux de Bret Easton Ellis. Le premier est très bon, mais j'ai dû en stopper ma lecture pour diverses raisons, le deuxième très inégal, j'ai eu cette désagréable impression qu'il ne se lançait jamais, bref, ça tourne trop en rond, et ma tête a suffisamment tourné ces derniers mois! Relecture partielle également de mes poètes fétiches, de Reverdy à Hugo en passant par Valéry; relecture également des si beaux passages sur le désir triangulaire de René Girard; découverte approfondie de Lévinas, et poursuite des lectures de Sartre et de Blanchot. Et évidemment, relecture de L'Egoïste Romantique.
Alors, si on reconnaît l'homme à ses lectures, que serais-je? Un être vivant dans un monde dévasté où tout n'est qu'apparence recouvrant une cruauté sans nom maculée de poudre blanche; un être suivant ses désirs cherchant la jeunesse éternelle sous les spots et les shots de vodka, désirant toujours ce que l'autre a; une âme éprise d'évasion, cherchant dans la poésie un moyen d'aboutir à un langage différent de la prose journalistique, sachant que son oeuvre ne sera jamais terminée?

# Posted on Friday, 03 October 2008 at 9:49 AM

Edited on Friday, 03 October 2008 at 11:29 AM