Je craignais, en revenant du soleil, ne plus jamais pouvoir me réhabituer à la vie parisienne, quelle chimère! Il est tellement plus agréable d'aller dans les clubs parisiens, parce qu'il n'y a pas de grains de sable entre les orteils et que les t-shirts sont prohibés. Pardon, pardon, mais que suis-je sans mon intolérance? Probablement rien! Parce qu'aller un après-midi sur Paris, commander un Mojito et faire une photo avec me désole, je devrais le garder pour moi? Allons donc.
Je vais donc faire ce que je pense faire de mieux, c'est-à-dire parler de littérature. Sans surprise, sur les plages, beaucoup de romans de marc lévy, même en édition italienne (si je n'avais pas une telle migraine pendant la journée j'aurais aimé les noyer), ou des 'livres de fille' (quel sophisme! Un livre, cet objet de discours qui tend à l'universel, peut-il s'adresser qu'à une partie de l'humanité? Evidemment non). Je ne vais pas parler ici de l'immense pile d'ouvrages sur l'oeuvre de mon si cher Honoré de Balzac ni des heures passées à rédiger mon mémoire ( Qui c'est qu'a eu 15?), mais entre temps j'ai bien pu lire d'autres oeuvres. Tout d'abord, La Belle Vie, de Jay Mc Inerney. Roman décrivant le destin de couples qui se croisent après l'écroulement du 11 Septembre. Parfois mièvre, tantôt haletant, ce roman est à lire, parce qu'il est un des seuls à être écrit sur cette horrible date (sauf si vous êtes fans de bigard), il parle d'amour mais sous un jour que j'aime bien : comment rester amoureux sans se sentir enfermé, comment le désir peut être éteint et rallumé; et évidemment cette confrontation entre la petite histoire (conjugale) et l'Histoire.
Ensuite, American Psycho, que j'ai lu à la moitié, en VO sinon tu perds tout, ainsi que Les Lois de l'attraction, les deux de Bret Easton Ellis. Le premier est très bon, mais j'ai dû en stopper ma lecture pour diverses raisons, le deuxième très inégal, j'ai eu cette désagréable impression qu'il ne se lançait jamais, bref, ça tourne trop en rond, et ma tête a suffisamment tourné ces derniers mois! Relecture partielle également de mes poètes fétiches, de Reverdy à Hugo en passant par Valéry; relecture également des si beaux passages sur le désir triangulaire de René Girard; découverte approfondie de Lévinas, et poursuite des lectures de Sartre et de Blanchot. Et évidemment, relecture de L'Egoïste Romantique.
Alors, si on reconnaît l'homme à ses lectures, que serais-je? Un être vivant dans un monde dévasté où tout n'est qu'apparence recouvrant une cruauté sans nom maculée de poudre blanche; un être suivant ses désirs cherchant la jeunesse éternelle sous les spots et les shots de vodka, désirant toujours ce que l'autre a; une âme éprise d'évasion, cherchant dans la poésie un moyen d'aboutir à un langage différent de la prose journalistique, sachant que son oeuvre ne sera jamais terminée?
