Le drame de tout écrivain, c'est de mourir quand on le lit. Or, ce livre ne brille que grâce à la biographie de son auteur. On la regarde comme une miraculée, à cause de cette foutue promotion des minorités dont on nous rabâche sans cesse les oreilles. Je déteste cette promotion car elle produit l'effet inverse : elle ne fait qu'exclure. Une jeune fille de banlieue écrit un livre, ô miracle ! Au lieu de s'intéresser au contenu (qui ne doit pas être fameux...le magazine Lire fait de cette phrase la plus belle du livre : « La vie, elle est vraiment pleine de désillusions »), on fait tout un foin autour de l'auteur, quitte à faire passer les jeunes de banlieues (et les jeunes en général) pour des illettrés. Dommage.
Encenser un auteur de cette sorte fausse donc le débat littéraire (s'il en est un). Un mec du 16e n'aurait alors pas le droit de parler de banlieue ? Un riche ne peut pas parler des pauvres ? Un pauvre ne peut pas écrire sur le clubbing ? Faïza ne pourrait pas écrire un roman sur une princesse russe ? Je ne supporte plus de tout ce battage médiatique autour de la biographie de l'auteur et non du contenu de son livre. Et cette promotion (tardive et hypocrite) des minorités ne fait qu'amplifier mon constat. C'est limite si on ne la prend pas pour une unijambiste qui a couru un 100 mètres.
Quoiqu'avec marc lévy, on sait tout de suite que son "livre" est une merde. Ce type est à la littérature ce que Mickael Youn est au cinéma.


