Et pourtant. Dernier cours d'édition, hier après-midi. On y parle du système de diffusion et de distribution, de promotion et de marketing, la prof, madame V. a la mine un peu désespérée.
Elle nous parle du système de publication, et finit par asséner le coup de grâce. Comme des visages de l'enfer, elle montra en 2 par 2 via rétro projecteur quelques couvertures de livres, un Anna Gavalda, un exemplaire de chick-litt, un truc un peu « citadine branchée ».
Elle lève les yeux vers nous, saisit son micro et de sa voix suave déclare : « Tous ces systèmes marketings vous choisissent comme cibles. Ils vous font croire que vous êtes uniques. Alors que leur unique but est de vous laisser dans la masse. Lire Homère, Hugo et Zola ? Mais non, ils s'en fichent. Il faut du sensationnel, ne pas appartenir au grand fond culturel commun. Certains y croient, alors ils achètent de la littérature sentimentale et plus de Racine. Le tabou du marketing dans la littérature n'est pas levé ».
Mon regard croise celui d'autres rêveurs de littérature devant l'éternel, aussi déconfit que le mien.
Bien. Pour être publié, il faut correspondre à un phénomène d'actualité. Il faut réponde à une attente, quelque chose qui fasse pleurer dans les chaumières. Il faut être un archétype. Il faut vendre ses pages comme sur un marché. Le style ? Mais non, c'est fini le style.
Le talent baise le génie, comme disait Nabokov, rajoutons simplement que la connerie encule le talent par la même occasion.
Les auteurs de chick-litt ou encore de « quick books » sensationnalisants (néologisme, cherche pas) ne sont d'ailleurs pas les auteurs des livres, sachez-le (et je m'adresse aux nazes qui en sont friands).
Relisons les Illusions Perdues, pour se guérir de nos illusions percluses, oui, les nôtres, amoureux de grands textes.


