Etagère, mon amour

Etagère, mon amour
Il est difficile de parler d'amour des livres sans être ennuyeux. Pas grave, je tente, parce qu'on ne parle pas assez d'un mal récurrent, peut-être pas celui du siècle, mais au moins de ma semaine écoulée; celui de la difficulté de faire des recherches pour son mémoire dans une bibliothèque. Passons sur les bachoteurs qui viennent réviser leur biologie en faisant du bruit avec leur paquet de chips, ou les bachoteuses en étalant leur vernis (en réalité ça devient bruyant quand elles en parlent), passons aussi sur les mecs un peu paumés, voilà, on sait pas trop pourquoi, qui sont là sans y être, viennent faire leurs mots-croisés sur leur Métro déchiqueté et repartent après avoir passé deux trois coups de fil. Non pas non plus le fait de se faire embauché comme moi juste avant les partiels et la soutenance de mémoire, non (il y a quand même pire que le journalisme pour gagner de l'argent).
Le plus dur, c'est de se lever, de se diriger vers son "siècle" inscrit sur une étagère et d'aller prendre une pile d'ouvrages à compulser (XIXe siècle, et Balzac, pour moi).

Tiens, Clément Marot sur celle du XVIe, ça fait longtemps, je vais jeter un coup d'oeil, Maurice Scève! Ah Maurice, au moins quatre bonnes années. Un petit coup d'oeil sur le livre III des Essais, et allez, direction Balzac. Molière! Oh rien que pour le plaisir des yeux, je vais relire la tirade pseudo tragique d'Arnolphe dans L'Ecole des Femmes. Et ça me fait rire comme du Chabat. Racine ! Ô que ne donnerais-je pas pour lire une de ses préfaces, dans la langue la plus épurée jamais écrite. Une fable, rien qu'une, et je pense la tête en l'air à ces morales qui me rendent perplexes depuis le CE2. Je lis trois lettres de madame de Sévigné, ensuite Balzac. Mais avant il me faut relire la si belle définition de la tyrannie chez Pascal, quelques poèmes de Saint-Amant et de Voiture, puis il me faut reculer un peu et parcourir un peu de Rabelais et de Jean de Léry (L'histoire d'un voyage faict en la terre du Brésil, je vous le conseille chaleureusement, une merveille, ça vaut tous les Ushuaia du monde). Un dernier pas en arrière, un poème de Villon. C'est bien vrai ça, où sont les neiges d'antan? Pendant que la culpabilité me gagne, je parcours La Bruyère, et je finis par me dire, allez fonce droit devant toi, résiste à la tentation. Manque de chance, je loupe le XIXe et arrive pile devant l'étagère XXe siècle. Je découvre tous les volumes de Situations, de Sartre. Monsieur de Balzac, excusez-moi, je suis à vous dans quelques longues minutes. Très émouvant portrait de lui par lui-même à 70 ans passés, tout en simplicité et en stoïcisme, édifiant tableau des parisiens pendant l'Occupation. Sollers, à côté de Sartre, ça fait longtemps, ouvrons l'Eloge de l'infini. Lecture de quelques quatrièmes de couverture (Camus, Malraux - dont la prose me laisse pourtant de marbre - Echenoz, Simon, Sarraute, Roussel). Bon je file mesdames, messieurs, où, vous me demandez où? Un siècle avant. Ah! XIXe, siècle de mes premiers et éternels amours. Victor, je relis encore une de tes lettres, Balzac ne m'en voudra pas parce qu'il t'aime beaucoup aussi. Il a connu aussi Baudelaire mais pas Rimbaud, pas grave je parcours les deux (j'arrive toujours pas à départager les deux), puis Mallarmé, petit pas discret, très discret, pour ne pas froisser Honoré vers Reverdy et Larbaud, un peu plus proche de nous (par le temps), que j'aime tant, et que je n'arrive pas non plus à départager, du moins du strict point de vue de mon affection. Honoré de Balzac, cher monsieur, pardonnez-moi ces quelques minutes de retard, mais je suis bel et bien là, pour le reste de la journée, et même le début de la soirée.

# Posté le mardi 08 avril 2008 19:49

Modifié le jeudi 10 avril 2008 12:10

L'autre nuit, j'ai fait un cauchemar

L'autre nuit, j'ai fait un cauchemar
J'ai la triste habitude de me réveiller sans me souvenir de mes rêves, alors je suis encore plus triste lorsque je me souviens d'un cauchemar, partiellement, après la sonnerie de mon réveil.
Il était finalement assez simple, mais le souci c'est qu'il correspond au rêve de 90% d'entre vous. Alors je me rappelle que dans ce cauchemar, je me lève, je descends de mon lit, ma bibliothèque a évidemment disparu, mes Stendhal remplacés par des paulo coelho, amanda sthers, anna gavalda et alexandre jardin (j'essaie de faire un turn-over de mes têtes de turcs). J'allais suivre des cours qui ne me plaisaient pas du tout, mais que je suivais parce que voilà ça donne un travail. Dès le matin je pensais au week-end et à quelle boîte minable je pourrais bien aller, en croisant les doigts pour ne pas me faire recaler. J'avais une copine plus ou moins potable, qui dès le matin me parlait de projet de vie et d'exclusivité. Et moi mon hypnotisme judéo-chrétien me faisait avaler tout ça. Même qu'elle prenait des photos de moi avec ma crête et qu'elle affichait ça sur son blog pour faire croire qu'elle avait une vie extraordinaire.
Le soir je rentrais chez moi, et ô malheur, je regardais La Roue de la Fortune en me bidonnant. Ensuite j'insultais SArkozy devant ma télé comme s'il m'entendait. Ensuite je mangeais un plat surgelé.Ensuite je prenais un café. Ensuite je regardais Joséphine Ange Gardien, et me couchait, inexorablement, à 22h45.

Mais je me suis réveillé, ce "matin"16 heures, les oreilles qui sifflent (peut-être parce qu'on dit du mal de moi, sûrement parce que les enceintes des clubs parisiens crachent un son trop fort, carré VIP ou pas), en me levant mes Stendhal, mes Balzac et MES Beigbeder étaient là, bien là (majuscules parce que ses livres je suis le seul à en piger la qualité), avec mes Pléiades, et ma montagne de papiers noircis. Et j'ai fait un v½ux. Un seul.

# Posté le samedi 05 avril 2008 12:48

Modifié le samedi 05 avril 2008 13:02

Et pourtant, cinq millions d'exemplaires, cinq

Et pourtant, cinq millions d'exemplaires, cinq
"Je suis là pour raconter des histoires, pas pour faire de belles phrases".

Lire, avril 2008

"Votre fantaisie n'est-elle pas aussi de recourir à un langage très familier avec des «voui», «nan», «something in di air»...
A.G. J'écris à l'oreille, je ne réfléchis pas. Evidemment, «something in di air» dans la traduction anglaise, ça tombe à plat!

Idem.

Pourquoi ce titre, La consolante?
A.G. Nous étions pressés par le temps et ce titre s'est imposé.

Idem.


Qu'on ne me dise pas que Gavalda c'est de la littérature. Elle ne veut pas en faire, elle le dit. Elle écrit mal, un point c'est tout.

# Posté le vendredi 28 mars 2008 11:41

Une petite vidéo n'NTM, parce que mine de rien ça apaise de voir que le rap s'est incarné dans autre chose que diam's et sinik, il y a longtemps...

va te pendre sal race.

pour etre fan faut soit etre con soit etre un faut... tu dois etre un faut mafieux, ma puce...

tu t'es tjrs pas pendu ?

Aaaaah, il est revenu l'animal ! (voir les commentaires de l'article d'en dessous, visiblement ce prix Nobel de la désintelligence – ferme ton dico José c'est pas dedans- n'en a pas eu assez). Alors pour la pendaison non j'y pense pas, c'est pas très sûr, depuis que ta mère en raison de son surpoids avait cassé la corde une fois (non je ne fais que répliquer à son « espèce d'enfant de putain » qu'il m'a envoyé en message, une violence verbale inégalée depuis Céline).
Selon cet esthète, pour aimer Alain Delon, il faut être (je rajoute l'accent m'en veut pas hein, je sais que t'as du mal avec mais bon...et encore qu'est-ce que cela serait si tu n'étais pas écrivaillon ?) con ou un faux (oui faut c'est le verbe conjugué José), alors selon sa logique je suis un faux mafieux. (Je fais l'impasse sur le petit sobriquet que tu m'as donné comme tu en donnes si fréquemment à tes amis du Marais, hein petit coquin de José). En tant que vrai con, nul doute que tu n'es pas son fan. Quoique le titre de la Parrain de la connerie t'irait bien (mais tu ne mâchouillerais pas le même type de cigare, et la coupe en arrière c'est sans gel, juste au séchoir).

Alors maintenant. Se prendre des réflexions par l'auteur de cette phrase (extraite parmi tant d'autres, allez sur son blog, vraiment) : L'histoire de l'homme se résume à celle de ses ancêtres... (Non je ne tire pas une phrase de son contexte, je la tire seulement d'un con), ça fait quand même pas très mal je dois dire.



Si vous pensez que ce génie de la connerie va...

1/ Me traiter de fils de pute, tapez 1

2/ Ouvrir un dictionnaire tapez 2

3/ Se lancer dans la mafia (bah oui c'est un vrai) tapez 3

4/ Proposer une loi à l'Assemblée Nationale pour autoriser la pendaison des fans d'Alain Delon, tapez 4

5/ Me traiter deux fois de fils de pute (à considérer comme le terme de son évolution), tapez 5


(Et la ça te rappelle tes vendredi soir de galère à te tripoter devant la Star Ac, hein José...)

# Posté le samedi 22 mars 2008 13:19

Modifié le lundi 24 mars 2008 10:00

La classe !

Ah mon dieu je l'adore!

Julien-L : Selon vous, le gouvernement gagnerait-il à être profondément remanié?

Christophe BARBIER : Non. Changer avant la présidence européenne, c'est rater ces 6 mois, personne ne connaissant ses dossiers. Il faut changer de Premier ministre en janvier 2009 si ça va mal, en juin 2009 si les européennes sont perdues, après les régionales 2010 pour préparer 2012...



C'est décidé, plus tard je serais Christophe Barbier ou rien. (!)

# Posté le lundi 17 mars 2008 14:32