Un épilogue qui refait surface

Un épilogue qui refait surface
Voilà. Tout n'a pas été dit, mais ce n'était pas mon ambition première. En relâchant ma plume, j'ai peur. J'ai cette impression enivrante que si je referme cette dernière page il va me falloir faire un saut dans l'inconnu, quitter ce confort, ce passé qui m'a construit et que j'ai reconstruit. Plusieurs rimes de mes poèmes sont bâties de façon à créer une sorte de miroir, et rien n'est plus symbolique. Je me suis écrit. Je me suis exorcisé. J'ai laissé sur le papier ce qui m'a toujours hanté pour mieux y faire face, et quand je dis « hanté » je ne parle pas de vieux démons, ou de sombres fantômes, non, c'est autre chose. Toute autre chose. Il s'agissait de retracer un cheminement tortueux, des étapes marquantes, de faire la recherche perdue du temps en quelque sorte sans céder aux sirènes de l'apitoiement malhonnête et du dolorisme extatique.
Ceci était un livre, avec un début, un milieu et une fin. D'ailleurs, je ne peux m'empêcher de penser que cette fin n'est rien d'autre qu'un début, un autre début, mais là n'est pas encore la question. Il est temps pour moi de m'arracher de mon livre, car cette mort augurera une autre naissance : pour le moment je ne suis rien d'autre qu'un f½tus. Si je quitte ces vers, je serais autre. Alors c'est ça, grandir. Je pensais naïvement que je n'allais pas m'en rendre compte, que les autres ne s'en souciaient pas. Foutaises. C'est une préoccupation de tous les instants.

Je me mets sur un genou. Un enfant s'approche de moi, craintif. Je lui passe la main dans ses cheveux qui viennent d'être peignés, je lui réajuste le col de sa chemise avec un avion dessus. L'enfant me sourit. Il me tend son jouet, je le prends, je frissonne. Je m'amuse quelques temps avec ce petit enfant souriant, je me roule par terre avec, je lui fais des chatouilles, nous faisons la course. Ce petit sourire, ces cheveux châtains, cette chemise bariolée, ces jouets, ces chaussures trop grandes, je les ai bien connus. Ils me disent quelque chose. Je dis au petit que je dois à présent partir, que j'ai à faire. Il pince ses lèvres, baisse les yeux et me regarde en coin. Il me retend son jouet, se remet à courir et me dit : « Viens ! Mais allez ! ». Je fonds en larme. J'attrape le petit, résiste à l'envie de lui faire des chatouilles, je le serre contre moi. Ce petit je le connais bien. C'était moi. Je reconnais sa chaîne en argent que j'ai aussi. La chaîne de mon grand-père. De notre grand-père. Je le serre contre ma poitrine, très fort. Symbole d'une fusion impossible, d'un retour impossible. Il me regarde, souffle pour sécher mes larmes. C'est lui qui me console. Il me demande d'aller jouer avec le chien, et moi ce chien je l'ai vu mort. J'ai envie de lui dire tout ça, de lui dire que plus tard il écrira des poèmes pour calmer ses souffrances, pour lui dire qu'il ne va pas jouer avec son chien toute sa vie, lui dire qu'un jour on va compter sur lui, lui dire que peut être ses chaussures resteront trop grandes pour toujours, que sa grenadine il va la diluer dans de la vodka, qu'il sera amoureux de filles qui seront des monstres avec lui. Je l'embrasse, très fort. Il gigote. Je me relève, et il s'en va à petites foulées, avec ses jambes si frêles, en riant. Je fait volte-face, passe mon index sur une larme qui perlait, et avec l'écho de ses rires dans les oreilles je me mets à marcher, marcher, et encore marcher, toujours plus vite, mais toujours en regardant ma route avec ce regard en coin. Mon regard de gamin.

Julien J. Leclercq, Les Astres Poétiques, 2004

# Posté le samedi 27 octobre 2007 08:06

C'est le délire

C'est le délire
"- Il est frais ce champagne"
"- Ouais fin bon c'est pas le meillleur"
"- Taguel Julien t'es relou, on est en direct là"


C'était deux heures avant un fou rire mémorable avec un ministre, nan mais s'il vous plaît.


Retour sur le plateau de Taddéi demain soir (soit mercredi), et Direct 8 jeudi, je ferais un texting (un mailing version sms héhé), à bientôt les za'mis

# Posté le vendredi 19 octobre 2007 17:58

Modifié le mardi 23 octobre 2007 16:12

Une minute inside with JOsé number one...

Amis José, la défaite a sonné, voici votre champion. Bosser pour tapalechoix est un vrai bonheur, et en voici encore un: un vice champion du monde de rummik'skub, collectionneur d'iguanes et éleveur de blattes, collectionneur de posters d'iguanes, hacker, joueur invétéré de jeux vidéos (il a le temps de finir un jeu et de se le faire rembourser au même prix le surlendemain)....c'est THE José, et je l'adore, comme cette soirée de folie.

Et tout cela est vrai.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 14 octobre 2007 13:35

Modifié le dimanche 14 octobre 2007 13:59

Dans quels ouvrages je ne me plongerais pas pour vous mes chers amis réacs...

Voilà. J'ai mes trois têtes de turc, mes trois bêtes monstrueuses, qui sont à la littérature ce qu'un mec qui mange son vomi est à l'esprit rock and roll : des caricatures josiques (langague tplc) et médiocres. Je propose donc un petit florilège de leurs meilleurs citations, et on finit presque par aimer...

>En tête, l'indétrônable Marc Lévy. Ancien architecte, ses textes sont les héritiers de l'esprit des nouvelles de Femme Actuelle et de Nous Deux, il ne fait juste que paraphraser, ça fait 400 pages et mille fois plus encore de tirages (Public visé: les ados qui découvrent la lecture et sont contents de lire plus de trente pages, les trente ans et plus). Florilège:

"Le temps ferme toutes les blessures, même s'il ne nous épargne pas quelques cicatrices", Et si c'était vrai.

"Celui qui ne sait pas partager est infirme de ses émotions." (Idem)

The best one : "Les adultes ont peur parce qu'ils ne savent pas faire la part des choses." (Idem)

"Un homme qui part ne doit jamais se retourner." (Idem, du grand art)

> En seconde position, la fameuse Christine Angot. Elle, à la rigueur, elle en a un peu plus dans le crâne, mais dommage qu'elle ne sache pas voir plus loin que son nombril et qu'elle n'écrive guère avec autre chose que ses pieds. Son style est plat ou surjoué, OUI surjoué avec ce "S" qui siffle (un peu comme ça). (Public visé : un peu toute le monde qui n'a pas lu Céline et trouve les textes de madame Angot révolutionnaires et trash. En fait en plus de son style ampoulé, c'est plutôt ce qu'elle raconte qui est condamnable, j'ai envie de dire l'inverse de tout ce quelle balance. Son style fait néanmoins des émules dans le côté pseudo trash, et entre quinze et vingt ans, les jeunes filles et même garçons adorent plagier son style sans retenue, en jouant de l'hyperbate et de la surenchère dans des déclarations enflammées (rires)).

"Ca peut rendre agressif d'être complètement privé de vie, d'avoir l'écriture qui gangrène tout le reste, en dehors des moments de joie ça peut rendre triste." (Quitter la ville - Cela voudrait dire que l'écriture ne procure aucun plaisir?Allons donc...)

" Dès qu'il y a une femme qui parle c'est contagieux, toutes elles parlent pareil. " (Idem - une démonstration de son "style")

"Le lecteur n'a aucun droit, il n'a rien à attendre de l'écrivain." ( Pour une théorie de la lecture, préférez les ouvrages de Jauss et de Umberto Eco).

"La vie des écrivains, c'est plus important que les livres. On entend le mensonge et on entend la vérité, on entend le dedans et on entend le dehors, on est en soi et on est hors de soi." (Idem - Voilà donc son gros problème :non seulement d'avoir une définition de la littérature, et d'en proposer une condamnable. Etre la matière de son propre livre est une utopie, une impossibilité : quid du Nouveau Roman? Flaubert? Barthes? Un livre n'existe que pour son style, c'est pour cela que ceux de Christine Angot meurent nés).


> Troisième du podium, Guillaume Musso, mon nouveau chouchou. Il clame haut et fort l'héritage de Marc Lévy (il aurait pu aussi dire Lauren Weisberger), et de la Chick Lit en général.

"Qui vit content de rien possède toute chose". (Extrait de Sauve-moi / Je confirme : obéissez lui).

"Un coeur noble est content de ce qu'il trouve en lui, Et ne s'applaudit point des qualités d'autrui.»

La première phrase du roman: "C'est un matin de janvier, dans la baie de New York, à l'heure où le jour l'emporte sur la nuit... "

Et bien voilà. Ces gens sont régulièrement en tête des ventes (j'oublie encore Anna Gavalda, Bernard Werber, les frères d'Arvor, Amélie Nothomb). No comment...

--------------------------------------------------------------------------------
dasupaman , Posté le jeudi 11 octobre 2007 23:47

Putin encore plus parisien snobinard que beigbeder...Sartre aurait été à l'antipode de ton avis sur diam's...


Commentaire assez sympathique page 6. D'une je le publie (oui je ne publie que les commentaires intéressants ou susceptibles d'être battus en brèche, je l'avoue les commentaires pour me dire que je suis prétentieux et que j'écris bien je les suicide), et de deux je l'expose, car j'aurais aimé savoir pourquoi ce monsieur skyzophrène de l'orthographe (seulement la moitié de la phrase ressemble à une dictée de diam's) saurait pourquoi Sartre n'aurait pas été d'accord, dès lors que l'on sait que son rêve ultime était non pas de faire descendre la culture vers le peuple, mais bien l'inverse (il distribuait des tracts dans le Quartier Latin quand il avait vingt ans contre la littérature-marketing...) ?
--------------------------------------------------------------------------------

# Posté le mercredi 10 octobre 2007 16:31

Modifié le lundi 15 octobre 2007 15:43

J'en suis fier de celle là !

A la Maison-BLanche, dans le huitième. Les yeux éblouis par tant de luxe, j'avais l'impression d'avoir rapetissé de vingt bons centimètres. Je double Bernard Pivot sur sa gauche et Michel Drucker sur sa droite, et elle était au centre de tout. Les cheveux dorés, les yeux en or. Elle m'a proposé d'aller boire un verre. On me glisse dans l'oreille qu'elle est mariée avec un mec qui brasse des milliards.
Je me suis juré de la revoir un jour.

# Posté le lundi 01 octobre 2007 17:17

Modifié le lundi 15 octobre 2007 15:38